Vendredi, 28. Juillet 2017
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4037711904_280f6c68da_oAnalyse – Les nouvelles semblent tomber tous azimuts concernant des possibles opportunités de vente d’avions de combats européens dans le monde. Principalement axés sur le Moyen-Orient, ces avions pourraient faire mouche aussi au Canada ou en Asie.

Le Rafale et l’Eurofighter se tirent toujours la bourre mais l’effort semble surtout mené par des Anglais survoltés. Alors que la passation de pouvoir se fait chez Dassault Aviation avec comme objectif clair de vendre le Rafale à l’export, quid de toutes ces opportunités que semble avoir l’Eurofighter ? Espoirs réels ou esbrouffe à la britannique ? La question est posée…

 

 

Le Rafale, discret ou juste pas assez sous acides ?

Le monde de Dassault Aviation est présentement sous le feu des projecteurs. La prise des commandes par Eric Trappier fait couler beaucoup d’encre et l’heure est aux félicitations. Le bilan de Charles Edelstenne étant largement décrit par ailleurs. Connu pour ses succès passés à l’export dans le monde militaire (Mirage 2000-9 aux EAU, 2000 en Inde et en Grèce, Rafale en Inde), M. Trappier a bonne réputation et est présenté comme un homme du commerce international.

A priori bonne nouvelle pour le Rafale. Nous ne reviendrons pas sur la Corée du Sud, le Maroc, les Pays-Bas ou encore la Suisse. A voir, donc, comment il pourra éventuellement concrétiser les espoirs du chasseur en Inde. Les Indiens restent de drôles de négociateurs et leurs espoirs semblent dépasser leurs capacités comme le démontrent certains autres contrats d’armement qui ont capoté. Mais bon, 126 Rafale, cela ferait du bien à la fois aux militaires français, dont les commandes ont été anticipées, et aux salariés, qui n’ont pas la possibilité de faire tourner la boutique à plein régime.

Alors le Brésil ? A priori la nouvelle présidente ne semble pas pressée. Si la porte n’est officiellement pas fermée, il ne devrait rien se passer cette année. La Suisse ? Difficile mais pas impossible dit-on de ci de là. L’industriel espérerait faire changer d’avis le client qui s’est pourtant embarquer sur du Gripen NG contre l’avis de ses propres militaires.

Ceci étant, on peut lire à droite à gauche que les meilleurs prospects du moment seraient les Emirats Arabes Unis, le Canada et l’Algérie. Le client émirien a pourtant fait dans l’originale en se plaignant très ouvertement du prix, sujet peu habituel quand on parle de ce client habitué à mettre le prix pour avoir le top. L’Eurofighter est alors apparu dans la compétition. Intox pour faire monter les enchères ou déconvenue à venir ? A l’inverse, Dassault serait convaincu que le Rafale aurait ses chances au Canada. D’aucun aura remarqué que le programme F-35 s’envole pour la stratosphère sans aucune limite. Le programme que l’on qualifie de plus coûteux de l’histoire amène le gouvernement à consulter Boeing, Saab, EADS et Dassault en vue d’un éventuel remplaçant.

Rien de certain néanmoins mais le contrat pour soixante-cinq F-35 étant passé de 16Md$ à 46Md$, il pourrait de ce fait logiquement être remis en question. Dans tous les cas, Dassault se dit prêt à en découdre. Une attitude combative tout comme sur l’Algérie où, comme toujours, la prudence est de mise. Lors de sa dernière visite, Jean-Yves Le Drian aurait rencontré son homologue algérien, le Général Guenaizia. On aurait parlé Rafale avec plus d’enthousiasme que lors de précédentes tentatives sous l’ère Sarkozy.

Les Anglais ne pensent qu’à ça.

On connait l’amour de nos amis d’outre Manche pour les négociations internationales, mais là on est passé à un autre niveau. Visiblement bien décidés à fourguer de l’Eurofighter (oui l’Eurofighter ça se fourgue) à qui en veut bien, les hommes de BAe Systems partent au combat. On a appris le mois dernier que la vente de douze avions (+8 Hawk AJT) au sultanat d'Oman était en bonne voie. Le contrat pourrait chiffrer dans les 4,2Md$. A voir si les discussions à venir cette année sur les équipements et systèmes d’armes ne vont pas tout faire déraper. L’Hawk semble en revanche bien acté pour remplacer les MFI-17 Super Mushshak.

La rumeur monte toujours à Bahreïn depuis que la diplomatie britannique aurait arrêté de chercher une solution entre le roi et l’opposition chiite. Super, les affaires reprennent ? Pareil au Qatar mais la vente semble butter sur deux points principaux : la nature de l’offre et la revente des douze Mirage 2000-5 que nous avons eu le plaisir de voir intervenir en Libye. Enfin, outre les détails donnés par notre précédent article, le Koweit pourrait se porter acquéreur de 18 à 24 Eurofighter. Là encore menée par BAe, cette danse éminemment politique pourrait se solder par la vente de nouveaux avions.

Mais alors qu’est-ce qui fait la différence entre les Anglais et nous ? Visiblement une culture du risque et de la gagne différente. On ne peut pas dire que les montants et volumes de vente soient ridicules et ne méritent pas que l’on y passe du temps. 4,2Md$ pour 12 avions ça fait une somme, d’autant plus qu’il n’est pas question de production locale (avions prélevés sur les lignes de production anglaises). Peut-être est-on encore trop dans une optique de vente à la papa où seuls les gros contrats comptent ? Dans tous les cas, heureusement que les Allemands ont menés la campagne indienne pour l’Eurofighter ! Merci les gars…

Tags: algérie | BAE Systems | Bresil | Canada | dassault | EAU | Eurofighter | europe | F35 | France | Gripen | Inde | Kuweit | Mirage | Oman | Qatar | rafale

Commentaires  

 
0 #2 Les Anglais et le fair-playOlivier_M 14-01-2013 12:23
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Quand l'affaire est fichue pour leurs intérêts, les américains aiment bien changer la règle du jeu pour gagner quand même. Pragmatique. Nothing personal.
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+2 #1 Les Anglais et le fair-playOlivier_M 14-01-2013 12:21
Bonjour,
les Anglais, comme les américains* au demeurant, sont teigneux en affaire, sous des dehors civilisés, mais ils sont surtout prêts à tout pour gagner. C'est la guerre économique et ils ne s'avouent pas vaincus, même si le contrat passe à d'autres car on ne sait jamais. Ils mettront en oeuvre tous les moyens, légaux ou non pour gagner, et prendre le budget. Car une fois pris, c'est une évidence à rappeler, il n'est plus disponible.
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