Aeroplans - EurofighterAnalyse – Figurant au palmarès des grandes victimes de la crise financière puis économique mondiale, l’Espagne doit faire face à un certain nombre de choix déterminant pour son avenir. Engagée au maximum pour tenter de bénéficier d’une industrie européenne de l’armement en devenir (enfin c’est ce que l’on espère), elle fait très souvent partie des programmes communs notamment au sein d’EADS. Madrid tente alors d’obtenir un maximum de retombées bénéfiques pour son économie et des emplois qualifiés tout en soutenant l’effort fait en Europe pour mutualiser des moyens en baisse.

Au sein d’EADS, l’Espagne est une nation qui participe donc à bon nombre de programmes. On peut voir évoluer les Espagnols tant dans le domaine civil, que militaire ou de l’espace. C’est le cas notamment pour l’avion de chasse Eurofighter dont le pays s’est porté acquéreur. Malheureusement, nous verrons que la réduction du budget de la défense espagnol amène le pays à tenter de revendre quelques uns de ses avions en Amérique Latine.

 

 

Une nation du consortium Eurofighter Gmbh.

Tout comme d’autres nations européennes, l’Espagne a fait le choix de s’embarquer dans l’aventure Eurofighter en vue de se doter d’un avion de chasse de dernière génération, à l’époque la quatrième. Le pays s’est alors engagé à acheter 87 appareils qui sont mis en service sur la base de Moron. Comme il est d’usage au sein de ce programme mené par EADS/Cassidian, les avions destinés aux forces espagnoles sont assemblées dans les lignes de Getafe. Outre la participation de son industrie locale qui se voit en pleine croissance, l’Espagne obtiendra notamment de belles contreparties de la part du principal pays export, l’Arabie Saoudite.

L’Espagne et l’Arabie Saoudite entretiennent effectivement des liens privilégiés ne serait-ce que par les bonnes relations entre les familles royales. Les pilotes d’Eurofighter saoudiens viennent donc régulièrement s’entrainer en Espagne sur la base de Moron où l’un d’entre eux trouva la mort au mois d’août 2010 à bord de son appareil.

Au-delà de l’Eurofighter, l’Espagne tente de vendre des chars Leopard 2E. Le contrat pourrait se chiffrer autour de 3 milliards d’Euros pour 200 unités. Une belle opération si elle se réalisée pour la filiale espagnol de General Dynamics, Santa Barbara. Les chars seraient notamment munis d’un blindage plus épais fabriqué à Séville.

Des Eurofighter au Chili ?

Aeroplans - Eurofighter

Pour soulager les finances publiques d’un pays en plein cœur d’une tourmente économique aggravée par une crise de l’immobilier aigüe, Madrid a mis à la vente une partie de sa flotte d’Eurofighter. Le pays serait en discussion avec le Chili, pays d’Amérique Latine. On parle de la revente de 12 avions prélevés sur le quota espagnol et assemblés à Getafe. Nous parlons donc d’appareils flambant neuf à destination d’un pays qui en Europe manque souvent de visibilité. Cette manœuvre marque aussi un évènement important pour les industriels européens puisque l’un des pays du vieux continent tenterait de revendre des appareils non encore fabriqués à un pays émergeant car il n’a plus les moyens d’assouvir ses objectifs stratégiques.

Depuis quelques années il n’est plus rare de voir des délégations chiliennes parcourir les travées des salons destinés aux professionnels de la défense en Europe ou ailleurs. En effet, le pays affiche l’un des budgets destiné à la défense les plus élevé d’Amérique du Sud et il n’a rien à envier aux autres sur le plan mondial. Le pays est l’un des fers de lance de l'Amérique latine et entraine ce continent vers les sommets de l’économie mondiale. Souvent occulté au profit du Brésil, le Chili stimule pourtant les efforts aéronautiques et de défense dans cette partie du monde. Le pays est entre autre l’un des actionnaires principaux de la compagnie LAN, membre de oneworld. La compagnie est un bon client des Européens et surtout d’Airbus.

Le Chili parait donc un prospect sérieux pour l’Eurofighter. L’Espagne est bien évidement bien positionné pour faire mouche dans une région du monde qu’elle connait bien. De plus, l’appareil pourrait devenir un outil formidable de la puissance chilienne prenant de cours le Brésil. Alors qu’une course aux armements s’éveille sur le continent, le Brésil s’annonce comme le pays le plus probable pour acquérir des avions de chasse de dernière génération. Un dossier que nous traitons régulièrement sur aeroplans.fr puisque le Rafale y connait quelques déconvenues. Cependant, une sélection chilienne de l’Eurofighter pourrait très bien favoriser le chasseur français dans la région éveillant un désir de reconnaissance important de la part du Brésil, pays émergeant. Ceci alors que le débat pour déterminer qui de l’Eurofighter ou du Rafale possède le plus de qualité. Un débat qui de notre point de vue tourne en faveur du chasseur de Dassault Aviation. Malgré toutes ces conjecture, plaisons-nous à croire que chacun de ces avions s’imposera en Amérique Latine. Ceci pour le bien de l’industrie européenne et des pays qui la compose.

PS: Nous nous excusons pour le manque d'illustration de cet article dû à un soucis technique sur notre plateforme. Nous travaillons au plus vite pour régler le problème.